Le Comité directeur des OS travaille sur le développement organisationnel, l'IA… et fait de la musique !
Quel est le son des Olympiades ? Comment gérer l'IA lors des épreuves des Olympiades ? Comment encore mieux organiser la faîtière ? Le Comité directeur des OS s'est penché sur ces questions les 28 et 29 mars 2026 lors d'une retraite à Bâle. Carole Zermatten, vice-présidente nouvellement élue, nous donne ses réponses.
Le son des Olympiades scientifiques : Sebastian (2e à partir de la gauche) avec Anna (philosophie, 1re à partir de la gauche), Dana (linguistique, 3e à partir de la gauche) et Jehan (astronomie, 4e à partir de la gauche) lors de l’atelier de création de jingle. Photos : Secrétariat de l’OS
Lors de l'atelier d'équipe avec le secrétariat, le comité a mis en musique les 11 disciplines des Olympiades et a enregistré une mélodie, qui a ensuite été mis en musique par Silvano Del-Prete. Quel son as-tu trouvé pour ta discipline et qu'as-tu aimé dans cet atelier ?
Carole : Pour la chimie, j’ai travaillé avec du matériel de laboratoire, le tintement de verres à pied et le mélange de réactifs, ce qui conduit parfois à un mélange légèrement explosif. Ce que j'ai trouvé le plus excitant, c'est le processus : nous avions toutes et tous le même objectif et pouvions échanger nos idées, mais en même temps, chaque personne devait développer son propre son, car personne ne connaît aussi bien sa propre discipline. C'est exactement ce que reflète notre travail au sein du comité directeur : nous travaillons ensemble sur des thèmes généraux, mais assumons en même temps la responsabilité de notre propre association.
Lors du deuxième atelier, Thomas Schröter, de l'Université de Berne, a donné une conférence sur l'IA et l'apprentissage. La majorité des Olympiades organisent, lors du premier tour, des questionnaires à choix multiple, c’est-à-dire des épreuves axées sur des résultats. Celles-ci permettent de vérifier si une ou un candidat est compétent sur le plan technique et si elle ou il peut passer au tour suivant. L'IA rend la sélection plus difficile : des jeunes qui savent bien utiliser l'IA, mais qui ont peut-être des compétences moins développées, parviennent à passer les étapes. Que retiens-tu, personnellement et pour la faîtière, de cette discussion ?
Cette discussion m'a montré qu'il n'y a pas de solution miracle : l'IA modifie la manière dont nous évaluons les performances; nous nous heurtons aussi à nos limites. Pour moi, il est important de maintenir délibérément la barre basse lors du premier tour, afin que les jeunes qui sont simplement curieux et qui ne sont pas encore conscients de leur propre potentiel puissent également participer. En même temps, nous voulons identifier la curiosité, la motivation et la volonté d’apprendre, et les encourager de manière ciblée lors des tours suivants grâce à des ateliers et du mentorat. Le rôle de la faîtière est d'éveiller les passions et de permettre aux jeunes de découvrir leurs talents souvent cachés, sans pour autant négliger l'équité et l'égalité des chances. Nous n'avons pas encore de solution définitive, mais nous sommes ouvertes et ouverts à la possibilité de repenser notre processus de sélection et de l'adapter aux exigences actuelles.
Le sujet t'intéresse-il ? Participe à la discussion et viens à l'atelier sur la création d'examens à l'ère de l'IA avant l'assemblée générale de la faîtière OS le 30 mai 2026 à Lausanne. Tous les bénévoles de toutes les Olympiades sont les bienvenus. Les inscriptions seront ouvertes à partir de fin avril (site web des bénévoles => dérouler jusqu'à la rubrique « Événements »).
Le troisième atelier portait sur l’organisation de la faîtière. C’est de là qu’est née l’idée de travailler désormais avec des groupes de travail au sein du comité. Quels sont ces groupes ? Quelles sont leurs missions ? Qu’en attendez-vous ?
L'idée de groupes de travail a été soulevée par plusieurs personnes. Nous sommes convaincues et convaincus que c'est un bon moyen d'intégrer les opinions des parties prenantes dans le processus décisionnel. Cela nous aide à contrer l'inertie croissante du comité, qui résulte structurellement du nombre élevé de membres. Dans le cadre d’un projet pilote, nous avons réparti les thèmes principaux en trois groupes : un groupe chargé du budget, un autre de la coordination au sein de la faîtière et un troisième chargé de réfléchir à l’organisation et à l’optimisation à long terme des groupes de travail.
Au lieu que tous les membres du comité doivent se plonger dans tous les thèmes, quelques-uns d’entre eux sont chargés de recueillir de manière ciblée des idées et des retours d’information auprès du comité et des bénévoles, puis d’élaborer des propositions concrètes. Celles-ci sont ensuite présentées au comité ou lors de l’assemblée générale. Cela permet de limiter la durée des discussions lors des réunions du comité directeur et de simplifier les votes, tout en garantissant que toutes les opinions et toutes les pistes de solution soient prises en compte.
Contribution technique de Thomas Schröter sur l'IA et les examens
Y a-t-il autre chose concernant le week-end du comité que tu aimerais partager avec les bénévoles des 11 Olympiades ?
Ce fut un plaisir de passer plus de temps avec les autres membres du comité et de mieux les connaître personnellement. Il est important d’entretenir des relations solides pour comprendre les façons de penser, les forces, les faiblesses et les intérêts de chacune et chacun, et pour travailler ensemble en harmonie. Notre comité est organisé de manière très démocratique, un peu comme une petite Suisse : un patchwork de minorités qui se réunissent ou se séparent selon les thèmes, mais c’est justement cela qui, au final, crée une forte cohésion. Mon message à toutes et à tous les bénévoles : le talent s’accompagne de responsabilités. Engage-toi dans la société, c’est une expérience merveilleuse !
Carole (chimie, de droite à gauche) en conversation avec Michael (robotique), Nicolas (secrétariat) et Lorenz (biologie)
Carole Zermatten est une ancienne participante aux Olympiades de chimie et membre du comité directeur de la faîtière. Elle a également bénéficié des programmes de soutien de la Fondation suisse d’études et de Science et jeunesse. Elle est doctorante à l’EPFZ en ingénierie des structures alimentaires.