28.01.2026

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Nous encourageons ensemble: le Gymnase de Bussigny

Le Gymnase de Bussigny reçoit le prix du nouvel établissement 2025. Ce prix récompense l’établissement secondaire II ayant enregistré avec la plus forte progression en termes de participation aux Olympiades. M. Daniel Gardini, doyen et enseignant de chimie, et Mme Célia Pittet, enseignante de géographie, parlent de la promotion des Olympiades de la science et des offres extrascolaires dans ce gymnase vaudois.
Le Gymnase de Bussigny, janvier 2026. Photo: Charlotte Vidal

Pourquoi de plus en plus d'élèves de Bussigny participent-ils et -elles aux Olympiades? S’agit-il d’une initiative d'individuelle ou de files, ou cela fait-il partie intégrante d'un concept de gestion des talents? 

Célia Pittet: Il s’agit plutôt d'une initiative bottom-up et individuelle. En géographie je le fais de manière générale, avec toutes mes classes, chaque année. Les élèves peuvent ainsi découvrir toutes les branches de la discipline et ce qui est enseigné à échelle nationale. Pour moi, c’est l’occasion de mettre la géographie en valeur. 
Des collègues de mathématiques proposent les Olympiades plutôt aux élèves de mathématiques renforcées, alors qu’il n’y a pas d’option spécifique en géographie. La géographie se prête à l’égalité de chances, car il y a rarement des prérequis indispensables, à part la curiosité. Évidemment, il y a des différences qui se forment à la maison, mais au gymnase nous arrivons à les mettre plus ou moins au même pied d’égalité et à leur montrer qu’il existe des activités nationales pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin.

Daniel Gardini: Pour moi aussi, la participation aux Olympiades part d’une initiative individuelle; on n’a pas été encouragé∙e∙s à le faire, même si, pour la première fois en 2025, le directeur général nous a envoyé un courriel, très général, pour promouvoir les Olympiades de la science. Ma participation vient du fait que j’ai été bénévole aux Olympiades de chimie; j’ai organisé le deuxième tour et les entraînements à l’EPFL. 
En chimie, il y a des prérequis, la compétition s’adresse plutôt aux élèves de l’option spécifique Chimie-Biologie, en troisième année. Je fais un peu de présélection en première année, sur la base des moyennes de 5-5,5. Je propose à ces élèves de participer aux Olympiades de chimie et de les entraîner pour participer en troisième année. 

En quoi consistent ces entraînements?

Daniel Gardini: Aux personnes intéressé∙e∙s, je leur donne des manuels à lire pendant l’été. Je ne sais pas s’ils et elles les lisent ou non. En deuxième année, les élèves peuvent prendre part à un cours facultatif. S’il y a assez d’inscrit∙e∙s, soit je les entraîne lors de quelques périodes libres, avec une chimie plus poussée, afin qu’ils et elles atteignent le niveau requis après l’examen central [le deuxième tour]. Le niveau exigé aux Olympiades nationales de chimie est similaire au niveau du gymnase, mais pour les Olympiades internationales de chimie, le niveau est beaucoup plus élevé, il y a de la chimie quantique et des orbitales moléculaires. Je leur donne des éléments pour que celles et ceux qui atteignent ce stade ne soient pas surpris∙es.

Célia Pittet: Pour ma part, je partage le lien vers les anciennes épreuves des Olympiades de géographie sur la plateforme de cours Moodle. Je le fais pour tout le monde, je ne les prépare pas au-delà de l’enseignement dispensé à tou∙te∙s. En général, je passe le test la même semaine avec toutes mes classes, en suivant mon programme de la semaine. 

Cela demande un engagement personnel. Comment faites-vous passer le premier tour? Avec la nouvelle plateforme en ligne OlyPortal, les examens peuvent être passé à tout moment, à condition d’avoir un appareil connecté à internet. 

Célia Pittet: Nous savons que ce qui n’est pas fait en classe ne sera pas fait en dehors. Les élèves sont déjà très chargé∙e∙s et les Olympiades sont facultatives. Si nous voulons que le plus grand nombre de personnes participe, il est préférable de faire passer le test en classe. Cela dépend de la philosophie de l’enseignant∙e.

Daniel Gardini: Pour ma part, je fais passer l’épreuve lors d’un des cours que je donne bénévolement; ce cours regroupe des élèves de différentes classes et il est plus petit qu’une classe normale. Il est vrai qu’en chimie, on pourrait faire passer l’examen à toute la classe, mais cela nécessiterait de réserver des ordinateurs. Pour l’instant, c’est plus simple de le faire en groupe restreint. Le côté positif du numérique est qu’il n'est pas nécessaire de collecter les feuilles de réponses et de les envoyer par courrier; le côté négatif est qu’il faut disposer de l’infrastructure nécessaire, ce qui n’est pas toujours le cas.

Revenons à présent à l’augmentation du nombre de participant∙e∙s. Avez-vous l’impression qu’il y a plus d’enseignant∙e∙s qui participent, ou est-ce que vous vous organisez au niveau de la file pour y participer?

Daniel Gardini: Nous sommes cinq enseignant∙e∙s de chimie. Une collègue a repris l’organisation du deuxième tour des Olympiades de chimie à l’EPFL, donc elle est motivée, mais les autres collègues n’ont pas exprimé d’intérêt, à part déployer l’affiche dans la classe. Deux d’entre elles n’ont pas d’élèves en option spécifique; peut-être ne se sentent-elle pas, en ce moment, de recommander l’offre aux élèves.

Célia Pittet: En géographie, c’est pareil, il n’y a pas d’organisation au niveau de la filière; nous sommes deux personnes et demie. 

Dans notre monde idéal, les jeunes participeraient deux ans avant l’obtention de la maturité, afin de comprendre le fonctionnement des Olympiades et d’augmenter leurs chances de réussite l’année suivante.

Daniel Gardini: Lorsque le gymnase sera en quatre ans [introduction prévue pour 2032-2033], ce sera plus facile d’envoyer plus de candidat∙e∙s, en tout cas en chimie. Il ya aura encore une année supplémentaire pour participer, alors qu’actuellement, après la troisième, les élèves commencent des études et ne peuvent plus participer aux Olympiades.

M. le Doyen Daniel Gardini et Mme Célia Pittet reçoivent le prix du nouvel établissement 2025 au Gymnase de Bussigny. Image: Charlotte Vidal

Parfois, les Olympiades de la science sont associées à des offres d’encouragement des talents, voire même à des offres pour les jeunes surdoué∙e∙s. En Suisse alémanique, certains établissements ont un∙e délégué∙e pour accompagner ces jeunes. Qu’en est-il au Gymnase de Bussigny ou dans le canton de Vaud. 

Célia Pittet: Nous avons la pédagogie compensatoire, qui consiste à mettre en place des aménagements pour des élèves qui ont de grandes difficultés à obtenir la moyenne. Nous n’avons pas d’encouragement de champion∙ne∙s. Je dirais que nous nous concentrons en ce moment sur le vivre-ensemble.

Daniel Gardini: C’est assez intéressant l’idée d’un concept de gestion des talents. Pour le moment, ce n’est pas implémenté au niveau cantonal. Est-ce que cela viendra avec les réformes de la maturité? On ne sait pas. 

Célia Pittet: Vu la direction que prend le canton [coupes budgétaires dès 2026], il s’agit maintenant de faire avec ce qu’on a, voire de supprimer des choses. Actuellement, on ne parvient pas à élargir des initiatives individuelles. Cette année, le coaching pédagogique a été mis en place; la Direction est parvenue à défendre. Le coaching pédagogique consiste en un soutien ponctuel, sous forme de trois à cinq séances, pour des élèves qui rencontrent des obstacles. C’est à eux et à elles de prendre l’initiative; les enseignant∙e∙s peuvent également les rediriger. Au niveau de l’organisation, un coaching pourrait par exemple porter sur l’organisation d’entraînements en vue des Olympiades. 

Daniel Gardini: Le coaching est axé sur la méthodologie, c’est-à-dire apprendre à apprendre. Ce n’est pas inutile pour les Olympiades, mais cela ne vise pas une discipline en particulier.

Célia Pittet: Un enseignant de maths, un de biologie et une d’anglais proposent ces coachings pédagogiques. L’offre est variée, il y a de quoi viser quelques branches.

Il y a-t-il des activités extrascolaires que vous, en tant que gymnase, aimeriez promouvoir? Par exemple, le Lycée-Collège de La Planta organise lui-même un Modèle des Nations unies (MUN), d’autres établissements accueillent les TechDays ou promeuvent les activités des Académies suisses des sciences.

Daniel Gardini: Nous avons différents groupes, comme le groupe Durabilité ou le Comité des élèves. Nous sommes un jeune gymnase, nous avons dû lancer ces idées qui commencent à prendre forme depuis l’année dernière. Cela se développera sûrement dans le futur. 

Célia Pittet: Il y a les cours facultatifs, qui nécessitent dix ou quinze élèves pour être ouverts. Comme nous sommes un gymnase relativement petit, ce minimum est parfois difficile à atteindre.  

Daniel Gardini: J’ajouterai aussi le fait que le gymnase est en dehors de la ville. Par conséquent, les élèves n’ont pas forcément envie de rester après les cours. Nous devons donc placer les activités pendant les longues pauses de midi, ce qui constitue un défi en termes d’horaires. Lorsque nous passerons au gymnase de quatre ans, comme l’idée principale n’est pas d’ajouter beaucoup de périodes, nous pourrons peut-être développer ces activités.
En tant que doyen, lorsque je reçois des offres extrascolaires, je les transmet à la file concernée, qui décide de la suite à donner. Je n’impose pas de participation. L’important est d’avoir un ou des enseignant∙e∙s qui acceptent de suivre des élèves, en sachant que c’est extracurriculaire et qu’ils et elles ne seront pas compensé∙e∙s pour cela.

Célia Pittet: Nous sommes encouragé∙e∙s à participer, d’un point de vue idéologique, nous organisons des sorties. Si l’on mettait en place quelque chose comme des semaines scientifiques, cela devrait se faire en concertation avec les collègues.

Quel conseil donneriez-vous pour promouvoir les Olympiades de la science?

Daniel Gardini: Je pense qu’il faudrait, en début d’année, soit demander à communiquer, soit de présenter les Olympiades lors d’une conférence des maîtres. Je pense qu’il y a pas beaucoup de gens qui ignorent l’existence des Olympiades dans leur branche.

 

Entretien: Daniel Gardini (enseignant de chimie), Célia Pittet (enseignante de géographie). Questions: Charlotte Vidal (Olympiades de la science).

Le prix du nouvel établissement récompense l’établissement de formation en secondaire II qui affiche la hausse de participation la plus forte aux premiers tours des Olympiades de la science. La hausse se mesure d’après les chiffres des trois dernières années scolaires. Ce prix, doté de 1’000 francs, salue l’engagement du corps enseignant. Il remplace le prix scolaire des Olympiades de la science.

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